L’Observatoire CLAMEUR rend son étude sur le marché locatif privé 2012-2013

L'observatoir Clameur rend son étude du marché locatif privé 2012-2013Le 26 février dernier, l’Observatoire CLAMEUR, association compétente dans la connaissance et l’analyse des marchés locatifs privés sur tout le territoire national et les DOM, communiquait à la presse son rapport, très attendu aussi bien par les professionnels de l’immobilier que par les particuliers.

Ce document donne un aperçu très complet du marché locatif privé pour l’année 2012 ainsi que les tendances relevées en ce début d’année 2013, dont voici les principaux constats :

Hausse des loyers de + 2.2 % pour 2012

Cette progression n’est qu’une moyenne que l’on peut mettre en parallèle avec le taux de l’inflation qui atteint + 2.0 % pour la même année.  Sur « le terrain », les données sont pourtant différentes :

  • Ainsi, les petites surfaces affichent des loyers en baisse depuis 2012 et jusqu’en 2013.
  • De même, dans plus de 27 % des villes de  + de 10 000 habitants, et depuis 2013 45 %, les logements accusent une nette baisse des loyers.
  • Concernant les logements neufs, les prix stagnent et progressent moins rapidement que ceux du marché. L’observatoire CLAMEUR indique même, selon ses propres termes, «la défiscalisation n’a pas été inflationniste».

Une faible mobilité des locataires

Les locataires ne bougent–ils plus ? Oui et non, en fait l’Observatoire énonce un net repli de 27 % pour 2012, renforcé en ce début 2013 de 26 %. Pourtant, la moyenne comptabilisée depuis 1998 est de 27.9 %, par conséquent on ne peut croire en un immobilisme flagrant tant et si bien que l’attractivité de certaines régions ou villes influe aussi sur ces résultats. Par exemple, la mobilité est plus forte dans les régions de l’Ouest comme la Bretagne, les Pays de Loire alors que dans certaines grandes villes on remarque l‘inverse : 17.6 % pour Paris,  18.8 % pour Marseille….

De meilleures perspectives pour l’effort d’amélioration et d’entretien

Effectivement, l’année 2012 n’a pas vraiment stimulée les propriétaires-bailleurs puisque la mobilisation dans les travaux d’amélioration et d’entretien de l’habitat loué a fléchi de 27 %. Heureusement, 2013 s’annonce sous de meilleures auspices puisque les premiers mois révèlent une remontée à 31.1 % ! On peut supposer que les « bonnes résolutions pour 2013 » ont inspiré les propriétaires !  A moins que ce ne soit la Loi sur l’encadrement des Loyers, portée par Mme Duflot et votée en 2012, qui indique que les logements faisant l’objet de travaux de rénovation et d’amélioration ne seront pas concernés par la baisse de loyers de 20 % ….

Progression constante des loyers en cas de relocation

Cette tendance s’observe depuis 2006 pour afficher + 4.5 % de moyenne. Bien sûr, là aussi, les chiffres peuvent varier dès lors qu’ il s’agit de gros travaux (+ 8.8 %) ou de petits travaux (+ 3.7 %). Dans le cas d’absence de travaux ou d’amélioration, là on se retrouve dans le négatif avec – 1.8 %, ce qui ne constitue pas une progression mais plutôt une régression !

En somme, ce marché locatif privé n’est ni optimiste, ni catastrophique, peut-être mitigé. Pas de chiffres désastreux, ni de dégringolades de moyenne ! Ce bilan ne reflète qu’une tendance générale car, comme vous le savez, il n’y a pas un marché locatif mais DES marchés locatifs : selon les régions, les villes, les types de logements, qu’ils soient neufs ou anciens…. Et ce sont eux qui détermineront la réussite de votre investissement locatif.

Le marché locatif du pays vannetais

Le marché locatif du pays vannetaisAh la Bretagne !
Quelle bien jolie région, si plaisante à bien des égards et qui a su, ces dernières décennies, se dynamiser tant au niveau économique que touristique.

A seulement 3 heures de Paris en TGV et ponctuée de 4 grands pôles : Rennes, Brest, Vannes et Nantes, elle offre assurément des bassins d’emplois et une qualité de vie recherchée par tous !

Que nous soyons bretons d’origine ou non, jeunes retraités, citadins actifs, etc. nous trouvons en elle cette beauté sauvage, accueillante et rassurante pour les grands comme pour les petits.

Qui dit attractivité géographique dit marché immobilier !

Et dans ce domaine, la Bretagne n’est pas en reste. D’autant que les ¾ de son pourtour se situe en bord de mer.

Alors résidence principale, secondaire ou investissement locatif, dans le neuf comme dans l’ancien, une offre conséquente répond à une demande constante voire croissante.

Attardons-nous plus particulièrement sur le marché locatif du pays vannetais lové autour du célèbre Golfe du Morbihan (hors agglomération, Vannes étant la préfecture du Morbihan).

Au premier semestre 2012, l’ADIL du Morbihan a réalisé sa traditionnelle enquête auprès de professionnels tels qu’agences immobilières ou études notariales et du SIRES spécialisé en gestion locative.

Cette étude concerne 4 zones : les communautés de communes du Loc’h, de Questembert, de la Presqu’île de Rhuys et le Cap Atlantique (Camoël, Férel, Pénestin).

Et voici ce qu il en ressort :

  • Une proportion correcte et constante du parc locatif privé et une faible augmentation des loyers par rapport à 2011, soit + 0.8 %, qui s’explique par une faible mobilité des locataires et la baisse des loyers à la relocation. Nous avons donc affaire à un marché stable.
La structure du parc locatif vannetais 1er semestre 2012

Source ADIL du Morbihan

  • Au niveau de la typologie des logements, les appartements T2 , les maisons T3 à T5 de plain pied, de même que les appartements en rez de chaussée sont les grands favoris des locataires. Le confort ainsi que l’accessibilité du logement semblent être déterminants dans leur choix. Il faut aussi préciser que cette demande locative n’émane pas principalement de personnes âgées, mais de toutes les catégories de personnes.
  • Tendance nouvellement observée : la colocation qui ne séduit pas uniquement les jeunes étudiants ou actifs, mais aussi les seniors.
  • Au niveau énergétique, le DPE fait l’objet de toutes les attentions. En effet, la lecture de ce document donne une certaine prévision des factures en énergie qu’auront à régler les futurs locataires.
  • Autre constat : les honoraires des agences de location sont étudiées dans le détail.
    En contexte de crise, les gens font très attention à leurs dépenses, ce que l’on peut aisément comprendre.

Si l’on devait analyser ces observations, on pourrait dire que le logement neuf correspond majoritairement aux attentes des locataires puisqu’il offre des garanties de normes et de performance énergétique.

L’attractivité et le dynamisme de la Bretagne a profitablement engendré un marché immobilier résistant et constant dans le temps face aux conjonctures actuelles peu favorables.

Les études de marchés locatifs sont ainsi des indicateurs précieux à prendre au sérieux. Elles vous aident à bien choisir l’emplacement, la typologie de votre bien immobilier, pour éviter tout risque de vacances locatives.

Alors investir en Bretagne, ou plus précisément dans le Morbihan, pourquoi pas, il s’agit d’un très bon choix qui correspondra certainement à votre projet immobilier quel qu’il soit.

Investissement locatif : Scellier vs Duflot

Investissement locatif : Scellier versus DuflotEnfin, le gouvernement a confirmé l’arrivée dès janvier 2013 d’un nouveau dispositif fiscal, qui a pour ambition première de favoriser la construction de nouveaux logements.
Il sera présenté le 28 septembre 2012 dans le cadre de la Loi de Finances initiale pour 2013.

Les investisseurs privés, acteurs importants dans la dynamique du logement en France, peuvent donc se réjouir de cette nouvelle perspective incitative.

Rappelons succinctement les modalités de ce nouveau dispositif, qui portera peut-être le nom de la Ministre en charge de la politique du logement.

  • acheter un ou des logement(s) neuf(s) BBC pouvant bénéficier d’une HPE
  • dans la limite de prix d’investissement de 300 000 €
  • situé(s) dans un zonage qui sera défini ultérieurement
  • pour le louer durant 9 ou 12 ans
  • à des locataires sélectionnés selon leurs conditions de ressources
  • moyennant un loyer 20 % moins cher que ceux pratiqués sur le marché
  • et en contrepartie percevoir 17% à 20 % de réduction d’impôt (un bonus est prévu si le logement est certifié BBC HPE)

Concrètement, qu’est ce que cela va changer par rapport au Scellier ?

Nous avons réalisé un comparatif en partant d’un investissement locatif au prix de 170 000 € :

Loi Scellier Loi Duflot
Investissement Locatif
Montant investissement locatif 170 000,00 € 170 000,00 €
Recettes
Réduction d’impôt 13% 20%
Loyer mensuel 680,00 € 540,00 €
Durée de l’investissement 9 9
Total des loyers perçus 73 440,00 € 58 320,00 €
Réduction impôt 22 100,00 € 34 000,00 €
Dépenses
Taux marginal d’imposition 14% 14%
Impôt CSG (sans intérêts d’emprunt) et CRDS 21 664,80 € 17 204,40 €
Coût de l’investissement
73 875,20 € 75 115,60 €
Différence Scellier / Duflot
1 240,40 €

La différence n’est pas forcément marquée : 1240.40 € soit 137.78€ /an, chacun des dispositifs conjuguant atouts et défauts.

Alors, ce résultat peut-il finalement inciter les investisseurs privés à attendre 2013 pour investir, au lieu de profiter des derniers instants du Scellier ?

Plusieurs raisons, s’ajoutant aux contraintes d’ordre social du dispositif Duflot, nous amènent cependant à écarter cet attentisme.

1/ Le zonage

Il sera, selon les propos de la Ministre de l’égalité des Territoires et du logement, beaucoup moins étendu que celui du Scellier. Il interviendra sur des marchés immobiliers «tendus», c’est-à-dire les villes où il manque de logements, et par conséquent, où les prix sont élevés.

2/ Le loyer

Les loyers appliqués dans le cadre du dispositif Duflot devront être 20 % moins chers que ceux pratiqués sur le marché et relevés par l’Observatoire des Loyers.
Il faut savoir qu’appliquer un loyer «sous évalué» dans un secteur où le marché immobilier est tendu (et donc cher) impactera immanquablement le rendement de votre investissement.

3/ Les conditions de ressources des locataires

Elles seront systématiquement imposées alors que cela n’est pas le cas pour le Scellier classique. De plus, elles seront plus drastiques dans le sens où elles devront permettre l’accès au logement aux revenus les plus modestes. Pour information, le plafond 2012 pour un couple + 2 enfants est de 97 355 € à Paris et de 71 498 € en zone B1 (Clermont-Ferrand, Bordeaux, Nantes,…).

4/ La niche fiscale

Actuellement, dans le cadre du Scellier 2012, la niche fiscale est plafonnée à 18 000 € + 4 % du revenu imposable par an. Dès 2013, la niche fiscale sera plafonnée à 10 000 € par an. On peut donc émettre de sérieux doutes sur l’efficacité de l’investissement locatif en Loi Duflot. Surtout, si vous déclarez déjà l’emploi d’une personne à domicile ou/et les revenus fonciers d’autres investissements locatifs réalisés précédemment.

5/ L’avantage fiscal

Si vous souhaitez réaliser un investissement locatif en Loi Duflot, il vous faudra attendre 2013 pour l’acquisition du bien immobilier. Vous ne percevrez donc votre avantage fiscal qu’à partir 2014. Certes c’est un petit détail, qui a néanmoins son importance pour l’équilibre de vos finances personnelles.

Suite à ces réflexions et face à la persistance d’inconnues, préférez le dispositif Scellier  2012  tant qu’il en est encore temps !